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Le blog Les dits du théâtre

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Les dits du théâtre, le blog de actualité théâtrale d’aujourd'hui


L’Orfeo de Monteverdi la liesse des retrouvailles

Publié par Dashiell Donello sur 4 Juin 2021, 14:14pm

L’Orfeo de Monteverdi la liesse des retrouvailles

Le livret d’Alessandro Striggio, prend sa source à la cour de Mantoue en 1607.

Au royaume de thrace. La nymphe Eurydice va s’unir à Orphée, fils du roi de Thrace et de la Muse Calliope.

Dès le prologue, au-delà de cette heureuse union, c’est la célébration du théâtre et de la musique. Les retrouvailles des artistes et du public souriants à la joie d’être immergé dans l’essence même de l’art ; même masqué dans une jauge diminuée, mais dans le présent du spectacle vivant.

Les embrassades, des corps des interprètes, délivrent des gestes qui n’étaient plus possible au nom de la santé.

Pauline Bayle et Jordi Savall par l’universalité du jeu, du chant et la musique, font entendre toccata et ritournelle, qui par la dextérité du jeu saisissent le public d’émotion. Nymphes et Bergers entonnent le chant nuptial : « Là, mon désir me pousse à vous parler d’Orphée, d’Orphée qui attira les fauves par son chant, et fit plier l’Enfer à ses prières, gloire immortelle du Pinde et de l’Hélicon ».

 

L’atemporel et l’euphonie

Voilà le prolongement, par le langage lumineux du mythe de l’Orfeo, vers l’atemporel et l’euphonie poétique des chants qui vibrent dans la salle, par la puissance de la musique de Claudio Monteverdi. Jordi Savall ne dit pas autre chose : « Je tire de cette relation privilégiée une certitude : non seulement Monteverdi fut un très grand compositeur, mais il est même la personnalité qui a créé en 1600 la véritable Renaissance musicale, puisqu’avec L’Orfeo, il s’inspire du théâtre et de la mythologie de l’ancienne Grèce pour faire « renaître » un nouvel art ».

Dans ce hors-temps, Orphée est heureux. Les fleurs et les danses symbolisent la joie du mariage, favorisé par le dieu Hyménée.

Le décor d’Emmanuel Clolus est tout de noir vêtu. Ce qui lui donne une élégante sobriété ; et annonce aussi le prestige de la tristesse par la nouvelle de la mort d’Eurydice, mordue par un serpent, alors qu’elle cueillait des fleurs. Sitôt informer Orphée, par le chant de sa douleur, promet de rejoindre Eurydice au plus profond des abîmes et de la ramener vivante.

Pauline Bayle parle de la scénographie en termes clairs  : «  L’Orfeo a ceci de spécial, dans le répertoire baroque, que c’est un opéra sans machines. Tout s’est joué, en 1607, dans un salon avec deux tapisseries ».

Les ténèbres de la scène jouent le drame comme un personnage. Ce qui permet l’apparition de Charon accompagné de ses ombres d’enfer. La mise en scène de Pauline Bayle se sert habilement du chœur et des chanteurs pour le déroulement de l’histoire. Ils sont aussi les machinistes magiciens qui, sans artifices, font l’image de l’enfer.

 

Du chant au jeu d’acteur

 

Jordi Savall nous apprend que Monteverdi préférait de bons acteurs qui savaient chanter, à de bons chanteurs qui savaient jouer. Dans L’Orfeo qu’il dirige avec excellence, il peut être fier de ses interprètes tant par le chant que par le jeu ; porter hautement par le brillant orchestre : Le Concert des Nations.

Pauline Bayle va dans le même sens que le maestro, car c’est bien du jeu d’acteur dans le chant dont il est question  et vice versa  : « Eurydice a peu à chanter en quantité, mais ses interventions sont tellement belles ! Elle me fait penser à la Cordelia du Roi Lear par sa justesse, la sobriété de son expression, sa modestie. Autant l’expression amoureuse d’Orfeo est imagée, poétique, aux confins de la sophistication et véritablement baroque, autant Eurydice semble avoir d’autant moins de mots qu’elle a plus de cœur ». D’ailleurs soulignons que le duo direction musicale et mise en scène est merveilleusement complémentaire, avec l’expérience et la jeunesse la valeur de l’œuvre est d’autant plus puissante.

Quant à nouveau le plateau prend la couleur des fleurs, reviennent les corps qui s’enlacent, avec joie, dans la célébration du théâtre et de la musique réitérée. Sous la lumière incarnée de Pascal Noël qui, dans un charme discret, met en valeur l’harmonieux Marc Mauillon, la cristalline luciana Mancini, la délicate Sara Mingardo, l’irradiante Marianne Beate Kielland, la présence de Furio Zanasi,  le subtile Salvo Vitale, et la justesse de Victor Sordo, Lise Viricel, Gabriel Diaz, Alessandro GiangrandeYannis François.

Ainsi que les limpides danseurs Yannick Bosc, Loïc Faquet et Xavier Perez.

Le tout devant un public en liesse qui a longtemps applaudi, avec reconnaissance, les artistes et techniciens, pour L’Orfeo magnifique qu’ils nous ont présenté.

 

L’ORFEO Claudio Monteverdi

 

Spectacle en italien, surtitré en français et anglais. Durée estimée : 2h

Direction musicale Jordi Savall

Mise en scène Pauline Bayle

Décors Emmanuel Clolus

Costumes Bernadette Villard

Lumières Pascal Noël

Avec Luciana Mancini, Marc Mauillon, Sara Mingardo, Marianne Beate Kielland, Furio Zanasi, Salvo Vitale, Victor Sordo, Lise Viricel, Gabriel Diaz, Alessandro GiangrandeYannis François.

Danseurs Yannick Bosc, Loïc Faquet et Xavier Perez

Orchestre

Le Concert des Nations

Chœur La Capella Reial de Catalunya

©L'Orfeo DR Stefan Brion.png

 

Coproduction

Opéra Royal – Château de Versailles Spectacles, Opéra Grand Avignon

Durée estimée : 2h

Opéra Comique

04 Juin 2021 18h00

06 Juin 2021 audiodescription relax 15h00

07 Juin 2021 18h00

9 Juin 2021 20h00

10 Juin 2021 audiodescription 20h00

 

Opéra Comique

1 Place Boieldieu, 75002 Paris

https://www.opera-comique.com

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